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Accueillir un chiot de deux mois chez soi

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Accueillir un chiot de deux mois chez soi

Vous tenez contre vous une petite boule de poils, sa truffe humide contre votre cou. Ça y est c’est le jour-J, vous avez fait le grand saut, vous voilà propriétaire d’un chiot d’à peine deux mois.

Le petit est tout juste sevré, il vient de quitter ses frères et sœurs ainsi que sa mère. C’est pour lui l’aube d’une vie nouvelle et il sera désormais votre petit protégé.

A le voir on le prendrait pour une peluche pourtant il n’en est rien car ce petit être va bientôt doubler, puis tripler de volume, il va apprendre peu à peu son nom, va se familiariser avec vos habitudes, apprendre à marcher à vos côtés… Désormais il fait partie de votre vie et vous de la sienne. Il a tout à apprendre et cela commence dès aujourd’hui.

Mais comment s’y prendre ? Par où commencer ?

Tisser un lien de confiance

Tisser un lien de confiance avec son chiot

A son arrivée dans le foyer votre chiot ne vous connaît pas, de plus il risque d’être un peu désorienté le premier mois car il vient de quitter sa portée et sa mère. Il découvre un environnement qu’il ne connaît pas, avec des gens tout aussi inconnus. La première chose à faire est de tisser un vrai lien entre vous et lui. Il doit apprendre que vous êtes sa nouvelle famille, que vous êtes une bonne personne pour lui, que vous ne voulez que son bonheur.

Les chiots sont facilement impressionnables. En effet, leur toute petite taille nous fait apparaître comme des géants à leurs yeux. Pour faire comprendre à un chiot que son comportement n’est pas approprié il suffit de prendre un ton autoritaire et grave et de cesser toute forme de jeux avec lui.

Ne surtout pas le menacer avec quoi que ce soit : rien que le fait de vous baisser sur le chiot devrait suffire à lui faire une peur bleue. N’oubliez jamais à quel point vous êtes impressionnant pour lui. Certaines personnes se montrent parfois menaçantes envers leur chiot. Elles croient faire preuve d’autorité mais en agissant de la sorte elles mettent en péril le fragile lien de confiance qu’il est si important de créer dès les premiers jours.

L’apprentissage des interdits ne doit pas mettre en danger votre relation, c’est pourquoi il doit se faire tout en douceur, avec fermeté mais sans crier et sans faire de gestes vifs. Le chiot fera forcément des bêtises, il ne connait pas encore les règles, il doit apprendre.

Vous êtes son modèle, gardez à l’esprit que les chiens sont très observateurs : ils observent chacun de vos gestes quotidiens. Ils tendent aussi l’oreille et savent percevoir la colère ou la tristesse dans votre voix.

Cette dernière est d’ailleurs un instrument précieux, vous devez habituer votre chiot au son de celle-ci, pour qu’il n’écoute plus que vous !

C’est pour cela que le rappel se trouve être l’ordre de base : il constitue la première étape pour habituer votre animal à être à votre écoute quoi qu’il arrive.

Pour se faire, il vous suffit de vous armer de récompenses (et de patience). Appelez simplement votre compagnon à quatre pattes en prenant la position accroupie. Votre chiot ne devrait pas tarder à venir instinctivement vers vous même s’il ne connait pas encore son nom.

Félicitez-le généreusement avec une croquette et beaucoup de câlins, n’ayez pas peur d’être démonstratif, bien au contraire : les animaux sont très sensibles aux signaux que nous envoyons avec notre corps. Des caresses, une position accroupie et des bras grands ouverts l’inciteront à venir vers vous en remuant la queue.

Il ne vous reste plus qu’à répéter l’exercice, et le répéter encore, toujours dans la bonne humeur. Votre chiot ne tardera pas à intégrer l’appel, ordre indispensable pour envisager une éducation plus poussée par la suite.

Mais, à ce propos, peut-on réellement commencer à apprendre des choses à un chiot de seulement deux mois ? Est-il capable de retenir, de se concentrer ?

Stimuler l’intelligence

Stimuler l'intelligence du chiotLa réponse est OUI, cette petite boule de poils a un grand potentiel, et elle est tout à fait apte à apprendre des ordres simples tel que le assis, le couché et même le « pas bougé ».

Prendre quelques minutes par jour pour lui apprendre ces ordres renforcera votre complicité et lui donnera une structure.

Cependant il faut garder à l’esprit qu’un chiot de deux mois possède une concentration limitée. Il ne faut donc pas prolonger la séance d’obéissance plus de 5 minutes au début. L’éducation doit rester un plaisir, avec toujours des récompenses à la clef.

Si le cœur vous en dit vous pouvez même investir dans des jeux de stratégie éducatifs que vous trouverez dans des boutiques spécialisées. Attention toutefois de vérifier que le jeu est adapté pour un chiot, car il en existe pour tous les âges. Ces jouets permettent au petit chien d’utiliser son odorat pour détecter une friandise mais aussi d’utiliser son museau et même ses pattes pour ouvrir des compartiments secrets et découvrir sa pépite au poulet !

Mais vous pouvez aussi bien vous amuser avec quelques verres en plastiques opaques et une croquette. Il vous suffit de cacher la friandise sous un verre pendant que votre chiot ne regarde pas puis de lui proposer de trouver le trésor. Il doit alors flairer pour trouver sa récompense. Les chiens adorent ce genre de jeux car ce sont des animaux qui aiment travailler, renifler, en somme ils aiment gagner leur récompense.

Il est aussi conseillé de beaucoup parler à son chiot. Vous pouvez par exemple lui dire «  tu as faim ? » juste avant de le nourrir. Vous ne tarderez pas à le voir guetter votre regard, tenter de décrypter le mot «  faim » dans toutes vos phrases. Là aussi l’exercice renforce votre complicité tout en stimulant l’intelligence de votre protégé. Amusez-vous ainsi à lui apprendre plusieurs mots et expressions.

Gardez à l’esprit que votre chiot est un animal sociable et qu’il est indispensable à son bien-être d’interagir avec vous, de se faire cajoler et câliner.

Cette socialisation est d’autant plus importante qu’elle est en construction jusqu’à l’âge de ses trois mois. Autrement dit, vous avez un mois pour le socialiser au maximum, pour qu’il se sente bien dans sa peau et devienne un adulte sociable par la suite.

Mais comment s’y prendre quand le chiot ne sait même pas marcher en laisse ? Et que les bruits des moteurs l’effraie ? Qu’un avion qui passe dans le ciel suffit à le surprendre ?

Socialisation et marche en laisse

Socialisation et marche en laisse chiotS’il y a une chose à retenir lorsque l’on abrite sous notre toit un chiot de moins de trois mois, c’est qu’il est impératif de lui faire voir du monde. N’oublions pas que c’est à cette période que le chiot se construit, et cela déterminera son avenir.

Pourtant la tâche n’est pas aisée car nombre de chiots ne supportent pas la laisse. Dès qu’on la met à leur cou, ils se mettent à pleurer, refusant de faire le moindre pas.

Comment faire alors pour assurer les balades quotidiennes ?

L’essentiel est de ne pas se montrer trop exigeant au début, la marche en laisse n’est pas innée et elle doit faire le fruit d’un apprentissage. Pour cela un harnais plutôt qu’un collier est conseillé. En effet un harnais est contenant, tandis qu’un collier risque de créer des tensions dans le cou et aura tendance à stresser davantage le chiot.

Commencez l’apprentissage au calme, chez vous. Mettez la laisse à votre chiot et appelez-le pour qu’il vienne vers vous (votre chiot doit alors connaître le rappel). Dès qu’il fait ne serait-ce qu’un pas vers vous, félicitez-le en lui donnant une friandise. Recommencez l’opération un peu chaque jour en le récompensant à chaque fois qu’il vient vers vous. Ne tirez surtout pas sur la laisse car cela risque de le stresser encore plus et de l’inciter à ne pas bouger voire à carrément tirer dans l’autre sens en espérant vous faire céder.

Il est important de garder à l’esprit quand on pratique la marche en laisse que celle-ci n’est qu’une sécurité. Elle ne doit pas exercer une pression sur le chien ou seulement exceptionnellement. Si vous devez changer de direction choisissez d’appeler votre chien plutôt que de tirer sur la laisse. La promenade sera alors beaucoup plus agréable pour vous comme pour votre chien.

Un chiot se fatigue très vite et vous ne pourrez pas faire de longues promenades au début. Dix minutes seront déjà un vrai marathon. Privilégiez les balades très courtes mais nombreuses. Vous les allongerez au fil du temps.

Pensez à emporter votre chiot un peu partout : fête foraine, ville, campagne, transports en commun… Faites-lui rencontrer des enfants, des personnes âgées, des chats, des oiseaux… Multipliez les rencontres et les lieux insolites : cela aidera votre chiot à devenir un chien adulte adaptable.

Encouragez sa curiosité, poussez-le à aller à la rencontre de ce qui le surprend. Abordez les situations sous forme de jeux, soyez enjoué quand votre chiot semble intimidé par quelque chose. Montrez-lui qu’il n’a pas à être effrayé et félicitez-le quand il va au-devant de sa peur. N’oubliez pas que pour un chiot de deux mois tout reste encore à apprendre. Un chiot de cet âge peut à peu près tout apprendre, s’habituer à toutes les situations. A vous de décider ce que vous voulez lui enseigner, quelles règles de vie vous souhaitez lui inculquer. Car adopter un chiot, c’est aussi partager un espace de vie et il y a certaines règles qu’il est indispensable de savoir poser. La propreté en fait évidemment partie. Mais comment apprendre à un chiot à faire ses besoins à l’extérieur alors qu’il ne peut physiologiquement pas se retenir plus de deux à trois heures ?

Les règles de vie communes

regle de vie commune

On n’y pense pas forcément mais adopter un animal implique une cohabitation. Et si la cohabitation n’est déjà pas chose facile entre humains consentants elle est encore moins évidente avec le membre d’une autre espèce. Il faudra faire preuve de calme, de clarté, de cohérence afin que votre compagnon à quatre pattes intègre les règles nécessaires au bien-être du foyer.

Celles-ci diffèrent selon les familles, et chaque chien s’adapte peu à peu à son environnement en intégrant les règles qui y sont associées. Ainsi, certains maîtres accepteront que leur chien monte sur le canapé tandis que d’autres mettront un point d’honneur à ce que leur toutou reste dans son panier. Certains interdiront l’accès aux chambres, tandis que d’autres le permettront. Il y a des chiens qui grignoteront les restes pendant les repas, et d’autres qui auront des repas à heures fixes dans leurs gamelles…

Une règle semble cependant commune à tous les foyers : « Pas de pipi à l’intérieur s’il vous plaît ! »

Sur ce point toutes les familles se rejoignent : un chien doit être propre. Mais comment s’y prendre exactement ? Commençons par étudier les méthodes courantes, propagées par le bouche à oreilles et qui sont pourtant à proscrire :

La première consiste à gronder le chiot lorsqu’un pipi est retrouvé en lui mettant la truffe dedans.

Un tel comportement ne sera jamais productif et risque de rompre le fragile lien de confiance qui unit le maitre à son chiot. En effet, un chien ne peut pas faire le lien entre le pipi qu’on est en train de lui montrer, et le moment où il a fait pipi (quelques minutes ou quelques heures avant). Ne vivant que l’instant présent, le chien voit juste que son maitre est très mécontent mais il ne comprend pas pourquoi, restant incapable de faire le lien.

Certains recommandent de menacer le chiot avec un papier journal à chaque fois qu’un accident s’est produit. Là aussi, un tel comportement n’apportera rien de bon : vous ne parviendrez qu’à instaurer un climat de peur. Il n’y a rien d’éducatif à cela.

Mais alors comment s’y prendre pour se faire comprendre en douceur de cette petite boule de poils ?

Il va falloir faire preuve de patience, car vous devrez garder à l’esprit qu’un pipi qui n’est pas surpris ne devra JAMAIS être puni. Il vous faudra prendre sur vous et nettoyer sans rien dire à votre toutou.

Si toutefois vous le prenez sur le fait, portez simplement votre chien dehors en lui disant doucement « non ». Nul besoin de vous énerver ou de gronder le chiot. Déplacez-le simplement dans le gazon à chaque fois que vous le surprendrez. Dans la plupart des cas, le chiot finira de faire pipi dans l’herbe.

Félicitez-le alors chaleureusement. Et répétez l’opération encore et encore. Et c’est tout ? Oui c’est tout, c’est par la répétition que votre chiot va assimiler les règles de propreté.

Pour éviter les accidents, n’oubliez pas de le sortir après les repas, les siestes et les jeux. Aussi souvent que possible en fait. Vous verrez rapidement l’évolution car un chiot grandissant très vite, plus les mois s’écouleront, plus il sera capable de se retenir. Les plus difficiles sont souvent les trois premiers mois alors courage !

Vous voilà prêts pour affronter le quotidien avec votre petite boule de poil. Soyez confiant en lui autant qu’en vous-même et vous verrez votre protégé progresser à vue d’œil. Les chiots ne demandent qu’à apprendre et ont un potentiel immense. Gardez cela à l’esprit et entourez votre compagnon à quatre pattes d’amour et de douceur. Il vous le rendra au centuple.

Crédits illustrations : © Guide du Chien – Chloé Bonfill

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Chloé Bonfill
L'éducation canine est une passion pour moi qui m'a poussée à rencontrer comportementalistes et éducateurs. Ces rencontres m'ont permis de me spécialiser et de mieux comprendre le comportement anxieux chez le chien. Mon approche est la suivante: massage, dog dancing, agility et surtout patience et douceur.

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