Bouledogue Français, Anglais, Américain, Continental… Chez un éleveur ou devant une annonce, on s’y perd vite. Tous ont ce corps trapu, ce museau plat et cette bouille qui fait fondre. Pourtant, entre un frenchie de 10 kg et un Bouledogue Américain de 55 kg, il y a un monde.
Derrière le mot « bouledogue » se cachent plusieurs races :
- Le Bouledogue Français : le petit chien aux oreilles de chauve-souris, roi de la vie en appartement.
- Le Bouledogue Anglais : le bulldog historique, massif, calme et très ridé.
- Le Bouledogue Continental : la version suisse qui respire sans ronfler.
- Le Bouledogue Américain : un grand molosse athlétique et gardien.
- L’Old English Bulldog : la reconstitution sportive du Bulldog d’avant 1835.
- Le Bouledogue Australien : un Bulldog pensé pour la chaleur du Queensland.
Seuls les trois premiers sont reconnus par la Fédération cynologique internationale (FCI). Voici le détail de chaque race pour que vous trouviez le compagnon idéal.
Les points communs des différents types de bouledogues
Tous les types de bouledogues descendent de molosses de garde, comme l’alaunt ou le Bullenbeisser allemand. Les bouchers s’en servent pour maîtriser bovins et sangliers.
Puis vient le « bullbaiting », un spectacle cruel : le chien saisit le nez d’un taureau et le tord jusqu’à le faire tomber. Imaginez un chien robuste d’une vingtaine de kilos qui renverse une bête d’une tonne ! D’où le nom de bulldog : en anglais, bull signifie taureau. L’Angleterre interdit ces combats en 1835, et des passionnés sélectionnent alors des chiens plus calmes, faits pour la famille.
- Un physique reconnaissable : corps compact et musclé, face plissée, museau raccourci, poil court.
- Une morphologie brachycéphale : crâne court et narines étroites entraînent une gêne respiratoire, des soucis aux yeux (entropion), à la peau et aux articulations (dysplasie).
- Des chiens sensibles à la chaleur : évitez les efforts intenses, les escaliers et les après-midi d’été.
- Une tendance à l’embonpoint : pesez les rations pour équilibrer apports et dépense.
- Un toilettage simple : brossage régulier pendant la mue, plis nettoyés au sérum physiologique.
- Un tempérament attachant mais têtu : loyaux et affectueux, ils demandent une éducation précoce, cohérente et positive.
Les races de bouledogues officiellement reconnues par la FCI
Deux races figurent dans le groupe 2 de la FCI, celui des molossoïdes ; le frenchie dans le groupe 9 des chiens de compagnie. Ce sont les seules inscrites au Livre des origines français (LOF), pedigree à l’appui.
1. Le Bouledogue Français

Le Bouledogue Français est-il vraiment originaire de France ? Anglais et Français se disputent sa paternité. Des dentellières de Nottingham emmènent leurs petits Bulldogs en France, et vers 1880, on les repère chez les bouchers parisiens. Un croisement avec le Carlin et de petits terriers réduit sa taille et lui donne ses oreilles en chauve-souris. La Société centrale canine le reconnaît en 1898.
Tête carrée, queue courte, regard expressif… et une manie : s’asseoir pattes arrière étirées, comme une grenouille. Cette apparence unique lui vaut le surnom de « frog dog ». Son poil ras, sans sous-poil, le rend frileux.
Doux et affectueux, très joueur avec les enfants, il vit bien en appartement mais déteste la solitude. Et gare aux reproches : ce petit dur se vexe vite et préfère les félicitations. Redevenu un chien à la mode dans les années 1980, il reste l’une des races de chien préférées des Français.
- Promenade : 30 minutes par jour minimum, en sorties courtes.
- Baignade : interdite, il coule à cause de son avant lourd.
- Alimentation : 125 à 250 g par jour, contre le surpoids.
- Santé : 9 à 11 ans de vie (jusqu’à 14), avec un risque de hernie discale et d’entropion.
Notre avis : pour une première adoption en ville, les Bouledogues Français restent imbattables. Choisissez un chiot aux narines bien ouvertes.
2. Le Bouledogue Anglais

L’English Bulldog descend du Bullenbeisser. La tradition fait remonter sa sélection au 13e siècle, sous le roi Jean. Après 1835, l’éleveur Bill George le sauve et en fait un chien de compagnie : le Bulldog Anglais moderne est né.
C’est un bloc de 23 à 25 kg pour 31 à 36 cm : peau lâche, tête large, bajoues et mâchoire inférieure avancée. Calme et un brin têtu, c’est un chien doux avec les enfants, sous l’œil d’un adulte. D’après le LOF, 1 156 chiots naissent en 2025 : les Bulldogs Anglais se classent 6e de leur groupe.
- Exercice : une demi-heure de marche par jour.
- Soins : brossage un jour sur deux, plis au sérum physiologique.
- Santé : 8 à 10 ans de vie, vigilance respiratoire, cardiaque et articulaire.
- Budget : 1 600 à 2 200 € au LOF.
3. Le Bouledogue Continental

Et si on gardait la bouille du Bulldog, sans le ronflement ? C’est le pari de l’éleveuse suisse Imelda Angehrn. Par croisement entre le Bouledogue Anglais et l’Olde English Bulldogge, elle obtient un chien qui respire en silence, même en pleine course. La FCI le reconnaît à titre provisoire en 2022 : c’est la seule race de type bulldog née en Suisse.
Plus grand et moins ridé, sociable, il suit ses maîtres en balade, à la baignade ou en cani-VTT. Selon le LOF, ses inscriptions passent de 3 en 2014 à 773 en 2025. Surveillez les dysplasies et la cystinurie, et imposez deux heures de calme après le repas contre la torsion de l’estomac. Comptez 1 500 à 2 500 €. Notre coup de cœur pour un Bulldog sportif !
Les autres types de bouledogues (non reconnus par la FCI)
Ces trois races n’ont pas de pedigree LOF, mais leurs propres registres, comme le United Kennel Club (UKC). Ce sont des chiens plus athlétiques, et le sérieux de l’éleveur devient décisif. Chez l’éleveur, demandez à voir les parents après quelques minutes de jeu : un souffle bruyant au repos est un mauvais signe. Réclamez aussi leurs radiographies de dépistage de la dysplasie.
4. Le Bouledogue Américain

Issu de l’Old English Working Bulldog importé dans le sud des États-Unis, il attrape les sangliers par les oreilles. Dans les années 1970, John D. Johnson crée le type bully, massif, et Allan Scott le type standard, plus agile.
Tête carrée, poil dur très court, robe blanche ou panachée : le mâle atteint 55 kg pour 68 cm. Calme et très affectueux, il se montre protecteur envers sa famille et méfiant envers les inconnus. Oubliez la vie sédentaire : ce sportif réclame de l’agility. Il reste sujet aux dysplasies et aux hernies. Prix : 1 000 à 1 500 €.
5. L’Old English Bulldog

Le véritable Old English Bulldog, celui des combats, disparaît après leur interdiction. Celui d’aujourd’hui s’écrit plutôt « Olde English Bulldogge ». David Leavitt le recrée dans les années 1970 à partir du Bulldog Anglais moderne, de l’American Bulldog, de l’American Pit Bull Terrier et du Bullmastiff. L’UKC le reconnaît en 2014.
Avec un museau d’au moins 4 cm, il respire mieux que les Bulldogs Anglais et vit 10 à 14 ans. Loyal, doux avec les enfants, il adore trimballer vos chaussettes dans sa gueule. Prévoyez 30 à 45 minutes de promenade par jour et 1 500 à 2 500 € à l’achat.
6. Le Bouledogue Australien

Nous sommes dans le Queensland, en 1997. Tina et Noel Green, puis Pip Nobes, veulent un Bulldog qui supporte la fournaise australienne. Ils sélectionnent des narines ouvertes et une peau foncée contre les cancers cutanés. Dogs Australia ne le reconnaît pas.
Plus grand et moins ridé que le Bouledogue Anglais, il pèse jusqu’à 38 kg. Loyal, très intelligent, parfois indépendant, il aboie peu. Un chien quasi introuvable en France.
Le frenchie et sa petite taille pour la ville, le continental ou l’australien pour les maîtres actifs : parmi les différents types, à vous de choisir celui qui colle à votre quotidien.



