Un chien qui n’aboie pas, se lave comme un chat et file derrière l’ombre d’un oiseau : voici le Basenji. Cette race de chien primitive venue du Congo fascine, mais elle ne convient pas à tous les foyers.
Avant de vous lancer, retenez ces points :
- Il n’a rien de muet : il chante un yodel et pousse des gémissements.
- Il perd peu de poils, sans être hypoallergénique.
- Son fort instinct de chasse impose laisse ou clôture solide.
- Le syndrome de Fanconi, une maladie rénale héréditaire, se dépiste par des tests génétiques.
Voici de quoi décider si ce chien unique a sa place chez vous.
L’histoire du Basenji
Le Basenji est un chien de chasse parmi les plus anciens du monde : on retrouve sa trace il y a plus de 5 000 ans. Les pharaons le recevaient en cadeau.
Son berceau, c’est la forêt d’Ituri, dans l’actuelle République démocratique du Congo. Les Pygmées l’emploient pour débusquer les rats des roseaux et rabattre le gibier. Dans leur langue, son nom signifie « petite chose sauvage de la brousse ».
Entre 1868 et 1871, l’explorateur allemand Georg Schweinfurth décrit ces chiens de brousse à la queue enroulée, une cloche en bois au cou pour ne pas les perdre dans les hautes herbes. Logique : un chien qui ne sait pas japper ne signale pas sa position. La race arrive en France en 1966.
Son physique et sa taille
Haut sur pattes, le Basenji a la grâce d’une gazelle. Adulte, il atteint 43 cm pour 11 kg chez le mâle, 40 cm pour 9,5 kg chez la femelle. Ce petit chien de chasse porte la tête haute.
- Corps : léger, dos court, poitrine profonde, taille nette.
- Tête : fine, crâne plat, front plissé de rides quand les oreilles se dressent.
- Yeux : foncés, en amande, placés en oblique.
- Oreilles : petites, pointues, dressées et portées en avant.
- Queue : attachée haut, elle doit s’enrouler serrée sur le dos.
- Robe : pelage court et très fin, sans sous-poil ; rouge et blanc, noir et blanc, feu et blanc, tricolore ou bringé et blanc.

Le blanc reste obligatoire sur les pieds, le poitrail et le bout de la queue. Le rouge et blanc domine ; chez le bringé et blanc, les rayures noires doivent être nettes. Le front plissé, marqué chez le chiot, l’est moins chez les tricolores.
Quant au « Basenji nain », il n’existe pas : le standard ne prévoit qu’un format. Ne le confondez pas avec le Chien du Pharaon, plus grand, dont la queue ne vient pas s’enrouler : chez le Basenji, la queue enroulée signe la race.
Comportement et caractère du Basenji
Chien vif et curieux, le Basenji a un tempérament indépendant : dehors, il mène sa barque ; à la maison, il devient tendre et joueur.
Profil comportemental
Tendre, mais pas collant. Affectueux envers sa famille, il adore partager le canapé, tout en tenant à son espace. Son côté félin amuse : il se lave avec ses pattes et dort roulé en boule.
Il n’aboie pas, il chante. La forme atypique de son larynx expliquerait l’absence d’aboiement. Ce larynx ne le rend pas muet pour autant : il sait émettre grognements, gémissements, cris et un yodel, le « baroo ». Pas de risque de l’entendre japper au passage du facteur !
Un chasseur dans l’âme. Ce n’est pas un hasard si son nom signifie « petite chose sauvage » : son fort instinct de chasse le lance après tout ce qui bouge, à la vue comme à l’odorat. Chats et autres animaux domestiques, écureuils, joggeurs : tout y passe. Lancé, il n’entend plus rien.
Réservé avec les inconnus. Face aux nouveautés comme avec les inconnus, il garde ses distances et préfère observer de loin. Une socialisation précoce, avec des visiteurs calmes et des sorties variées, l’aide à prendre de l’assurance.
Et avec les autres chiens ? Bien socialisé, le chiot est joueur et sociable. Vers 12 à 15 mois, des tensions apparaissent parfois entre chiens du même sexe. Les Basenjis jouent rudement : courses folles, prises au cou, poursuites endiablées. Les autres chiens le prennent parfois mal. Restez à proximité : chez les Basenjis, l’ambiance peut vite s’échauffer.

Conditions de vie
Le Basenji s’adapte à beaucoup de cadres de vie s’il a de longues sorties, une sécurité sans faille et de la compagnie.
Habitat idéal
Une maison avec un jardin bien clos reste idéale, sans remplacer les promenades. Attention si vous laissez votre Basenji seul dehors : ce chien vif saute une clôture d’un mètre, escalade un grillage et creuse dessous. Prévoyez une clôture haute, sans prise et enterrée. L’appartement convient si les sorties suivent.
Ce chien de brousse déteste la pluie et le froid. Son pelage court, sans sous-poil, le protège mal : le Basenji a besoin d’un manteau en hiver.
Adaptabilité
Très sociable et affectueux envers les siens, il supporte mal la solitude. Seul une journée entière, il peut émettre de longs hurlements et détruire. Habituez-le tôt à de courtes absences, précédées d’une balade et de séances de jeu.
- Enfants : bon compagnon de jeu pour les enfants qui respectent ses limites ; avec un tout-petit, surveillez chaque échange, comme avec tout chien.
- Animaux domestiques : chats, lapins et rongeurs restent des proies.
- Chiens : un Basenji de sexe opposé fait un compagnon idéal.
L’éducation du Basenji
Avec son tempérament indépendant, le Basenji coopère quand il y trouve son intérêt : il veut comprendre ce que vous attendez de lui. Sous la pression, il se ferme comme une huître. Misez plutôt sur une éducation positive et cohérente.
Le clicker, son meilleur allié. Plus motivé par les friandises que par les jouets, il apprend vite au clicker. Bonus : chaque séance est une vraie stimulation mentale. Voici comment démarrer :
- Chargez le clicker : un clic, une friandise, dix fois de suite.
- Cliquez pendant le bon geste, pas après : chaque clic vaut une friandise.
- Ajoutez le mot quand il propose le geste de lui-même.
- Limitez les séances à quelques minutes.
Un chiot qui vous suit d’instinct. À son arrivée, vous devenez sa figure d’attachement : il ne vous lâche pas d’une semelle. Profitez-en jusqu’à 4 mois, sans laisse, dans un lieu clos :
- S’il traîne ou s’attarde, partez dans la direction opposée.
- S’il prend de l’avance, cachez-vous et félicitez-le quand il vous retrouve.
- Restez discret : vos déplacements l’orientent mieux que vos paroles.
Le suivi naturel complète le rappel sans le remplacer. Chez ce chasseur, le rappel reste fragile : hors des espaces clos, gardez de préférence une longe de 10 mètres.

Entretien et besoins quotidiens
Côté toilette, le Basenji demande peu d’entretien. Côté énergie, il réclame beaucoup de temps.
Niveau d’entretien
Toilettage et soins
Fidèle à ses manières de félin, il fait sa toilette seul et ne sent pas le chien, même mouillé. Son poil ras demande très peu d’entretien : un brossage par semaine suffit. Les poils qu’il perd, courts et piquants, se plantent dans les tissus. Et non, il n’est pas hypoallergénique : les allergènes se logent aussi dans la salive et la peau.
Brossez-lui les dents deux fois par semaine et nettoyez ses oreilles chaque semaine.
Alimentation adaptée
Des croquettes de qualité, adaptées à son âge, lui conviennent. Un Basenji adulte mange deux repas par jour ; le chiot, aux besoins énergétiques plus élevés, en prend trois à quatre jusqu’à 6 mois.
Adaptez ensuite sa ration à son niveau d’activité. Préférez des matières grasses modérées et visez son poids idéal, entre 9,5 et 11 kg. Les restes de table favorisent la prise de poids, qui peut prédisposer aux soucis articulaires. Pour maintenir un poids stable, dosez les croquettes à la balance et gardez les friandises pour l’éducation.
Exercice physique et mental
Malgré son gabarit de petit chien, un Basenji a besoin de 1 heure à 1 h 30 d’activité par jour, en plusieurs sorties. Il vous suit en course à pied, à vélo ou en randonnée.
Parmi les sports canins, il brille en lure coursing (poursuite d’un leurre), en pistage et en agility. Côté stimulation mentale, prévoyez des séances de jeu variées :
- Cache-cache dans la maison.
- Tapis de fouille, qui fait travailler son odorat.
- Petits tours appris au clicker.
Santé du Basenji
Primitif et robuste, le Basenji reste agile jusqu’à un âge avancé. Son espérance de vie tourne autour de 12 à 14 ans, et certains dépassent 15 ans.

Prédispositions et points de vigilance
Chez le Basenji, la génétique peut prédisposer à plusieurs affections, la plupart dépistables chez les reproducteurs.
- Syndrome de Fanconi : dans cette maladie rénale génétique, les reins laissent fuir des nutriments dans l’urine. Depuis 2011, un test génétique repère les porteurs. Les bandelettes urinaires vendues en pharmacie servent ensuite à surveiller les chiens atteints ou non testés.
- Atrophie progressive de la rétine (APR) : la vue baisse d’abord la nuit, à l’âge adulte, jusqu’à la cécité. Le test génétique n’en repère qu’une forme : des examens des yeux réguliers complètent le dépistage.
- Déficit en pyruvate kinase : cette anémie héréditaire emporte la plupart des chiens atteints avant 4 ans. Tout éleveur sérieux fait tester ses reproducteurs.
- Hernie inguinale : un peu d’intestin ou de graisse traverse la paroi abdominale au niveau de l’aine.
- Hypothyroïdie : poil sec, prise de poids et changements d’humeur trahissent ce trouble, dépisté par une prise de sang.
Soins préventifs et hygiène de vie
Avant l’adoption, demandez les tests génétiques des parents, à consulter sur LOF-Select, le site de la Société Centrale Canine (SCC). Un dépistage génétique négatif chez les deux parents protège la portée du syndrome de Fanconi.
- Première visite : le vétérinaire palpe la zone abdominale du chiot, à la recherche d’une hernie inguinale.
- Urines : suivi rénal à la bandelette pour un chien atteint ou non testé.
- Chaque année : vaccins, antiparasitaires et bilan, avec une prise de sang si besoin.
- Dents : un brossage régulier protège son espérance de vie.
Pour l’hygiène de vie, deux repas à heures fixes et de longues sorties suffisent. Pour ses articulations, maintenir un poids raisonnable reste la meilleure prévention. Au moindre doute, n’hésitez pas à consulter.
Adopter un Basenji
Adopter un Basenji demande de la patience : cette race de chien reste rare en France.
Où trouver un Basenji ?
Les femelles n’ont leurs chaleurs qu’une fois par an, à l’automne : les chiots naissent entre novembre et janvier. Contactez les éleveurs des mois à l’avance.
En 2025, la race compte 195 inscriptions au Livre des origines français (LOF), contre 252 en 2022. L’annuaire de la SCC recense 34 élevages. Un éleveur sérieux :
- Montre le dépistage génétique des parents.
- Vous présente la mère.
- Remet le certificat de naissance numérique.
- Ne cède aucun chiot avant 8 semaines.
En refuge comme en association, la race reste quasi absente : les rares adultes à replacer passent par les éleveurs.
Est-ce la race qu’il vous faut ?
Le Basenji est un chien unique, attachant mais exigeant. Voici un petit test pour vous aider à décider :
- Vous pouvez le sortir 1 heure à 1 h 30 par jour.
- Votre jardin a une clôture haute, sans passage dessous.
- Vous aimez la course à pied ou les sports canins.
- Vous éduquez avec douceur et patience.
- Vous rêvez d’un chien propre et sans odeur.
- Vous cherchez un chien calme et casanier.
- Un chat, un lapin ou des rongeurs vivent chez vous.
- Vous rêvez de lâcher votre chien en forêt.
- Vous vous absentez des journées entières.
- Vous comptez le confier régulièrement à des proches.
Prix et budget du Basenji
Comptez 1 000 à 1 800 € pour un chiot LOF, et jusqu’à 2 800 € pour une lignée d’exposition. Le prix comprend puce, vaccins, vermifuge et certificats. L’entretien revient ensuite à 60 € par mois environ, hors vétérinaire.
Budget à prévoir
Une seule portée par femelle et par an, des reproducteurs testés : un prix bien plus bas doit vous mettre la puce à l’oreille.








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