Le Petit Lévrier Italien a la silhouette d’une statuette et le tempérament d’un pot de colle. Derrière son apparence délicate se cachent un cœur immense et quelques fragilités à connaître avant de l’accueillir. Rien d’insurmontable : bien entouré, ce compagnon fidèle vit 12 à 15 ans.
En bref :
- Un besoin de présence : il vit mal la solitude et s’y habitue lentement.
- Des os fins : avant 2 ans, un saut du canapé peut lui casser une patte.
- Des dents serrées : sa mâchoire étroite impose un brossage quotidien.
- Un grand frileux : il vit à l’intérieur et sort couvert l’hiver.
- Une race rare : environ 500 chiots inscrits par an au Livre des origines français (LOF), vendus 1 300 à 2 200 €.
La suite vous aide à décider en connaissance de cause.
Histoire et origines du Petit Lévrier Italien
Les origines du Petit Lévrier Italien remontent à l’Égypte des pharaons, où de petits lévriers vivent déjà à la cour. Ces lévriers de l’Égypte antique gagnent ensuite la Laconie, en Grèce, où les potiers les peignent sur leurs vases, puis l’Italie au début du Ve siècle avant J.-C.
Giotto et d’autres grands maîtres italiens l’immortalisent, et la Renaissance marque son âge d’or. Très prisé auprès de la noblesse, il séduit Louis XIV, Catherine la Grande ou la reine Victoria par son élégance.
Aux États-Unis, l’American Kennel Club (AKC) l’enregistre dès 1886 comme chien de compagnie : c’est le seul lévrier de son groupe « Toy ». Les guerres mondiales, la seconde surtout, la mènent au bord de l’extinction en Europe : des chiens venus des États-Unis aident alors cette race ancienne à repartir.
Ses caractéristiques physiques
Le plus petit des lévriers est une sculpture en mouvement. Ses caractéristiques physiques suivent le standard de la Fédération cynologique internationale (FCI) : 32 à 38 cm au garrot et 5 kg au maximum. Un chien de petite taille, bâti pour la vitesse.
- Corps : inscrit dans un carré, poitrine étroite et profonde, ventre remonté, cou long et arqué, ossature fine.
- Tête : allongée et étroite, crâne plat, museau effilé, longues mâchoires en ciseaux.
- Yeux : grands, plutôt ronds, foncés et expressifs.
- Oreilles : petites, fines et attachées haut, repliées en arrière, tendues à l’horizontale en alerte.
- Queue : fine, attachée et portée bas, recourbée sur sa seconde moitié.
- Robe : poil court, fin et soyeux, sans sous-poil. Noir, gris ou isabelle uni, blanc toléré au poitrail et aux pieds.

Sa peau, fine comme du papier, se déchire sur une simple ronce. Cette apparence délicate habille un athlète. Le Petit Lévrier Italien descend des lévriers de l’Égypte antique : ce n’est pas un Lévrier Anglais miniature. On le confond parfois avec le Whippet, plus grand et plus robuste.
Méfiez-vous des robes pie vantées en ligne : le standard américain les accepte, mais la Fédération cynologique internationale élimine toute robe pluricolore et tout blanc ailleurs que sur le poitrail et les pieds. Au-delà de 5 kg, le chien sort aussi du standard, ce qui compromet sa confirmation au LOF. La beauté de son pelage tient à sa sobriété.
Comportement et caractère du Petit Lévrier Italien
Son élégance trompe son monde : c’est un clown, affectueux, sensible et joueur bien après l’âge de chiot. Voici son profil :
Profil comportemental
C’est un vrai chien « velcro » : sur vos genoux le jour, sous la couette la nuit, le museau collé à vous. Très attaché à son maître, il lui gratte parfois le visage au réveil pour réclamer un câlin. Une vraie bouillotte sur pattes, qui traque elle-même soleil, radiateurs et plaids.
D’une grande sensibilité, il vit mal les cris, les disputes et toute forme de brutalité et reste réservé avec les inconnus. Son aboiement, clair et sec, surprend chez un très petit chien : excellent chien d’alerte, il fait pourtant un piètre gardien, qui préfère fuir.
Brillant pour résoudre un problème, il ne confond pas obéissance et affection et sait parfois se montrer têtu : au sixième essai du même tour, il s’en va. À la maison, entre deux « zoomies », ces folles courses en rond, il dort des heures, aussi calme que son grand cousin, le Lévrier Anglais. Un excellent compagnon pour qui aime les contrastes !

Conditions de vie
Ce chien de compagnie s’adapte à presque tous les logements, pourvu qu’il vive au chaud, en sécurité et rarement seul.
Habitat idéal
La vie en appartement lui convient parfaitement. Le chenil au fond du jardin, en revanche, est exclu : sans sous-poil ni graisse, il grelotte et déprime loin des siens. Prévoyez un couchage en mousse à mémoire de forme, contre les escarres, près d’un radiateur.
Le chiot, lui, se croit capable de voler. Sécurisez votre intérieur :
- Des tapis antidérapants sur les sols glissants.
- Des rampes pour le lit et le canapé.
- Des barrières pour bébé devant l’escalier et le balcon.
Adaptabilité
Compagnon fidèle et très attaché à son maître, il vit la solitude plus mal que la moyenne des chiens. Habitué pas à pas, un adulte peut rester seul quelques heures, sans dépasser 4 heures d’absence. Au-delà, il risque d’aboyer, de détruire ou de se soulager dans la maison. Faites de sa cage de transport un refuge et laissez-lui un jouet à garnir de type Kong. À mes yeux, c’est le compagnon rêvé du télétravail.
Avec de tout-petits, mieux vaut attendre : un enfant qui le serre trop fort peut lui casser une patte. Il s’entend avec un autre animal de compagnie s’il a grandi avec lui, mais gare aux grands chiens brusques. Pour une personne âgée ou peu active, un Petit Lévrier Italien senior reste un excellent compagnon. L’hiver, couvrez-le : manteau doublé, snood pour les oreilles, bottines contre le sel.
L’éducation du Petit Lévrier Italien
Seule une éducation douce, fondée sur le renforcement positif, fonctionne avec lui : une friandise dans la seconde, un « bravo ! », et il recommence. Bannissez toute forme de brutalité, qui ruine sa confiance. Misez sur des séances de 5 à 10 minutes et changez d’exercice avant qu’il ne décroche, car il peut parfois se montrer têtu.
Socialisez-le dès son plus jeune âge : bruits de la ville, visiteurs, voiture, chiens calmes. Un chiot Petit Lévrier Italien qui voit peu de monde devient vite craintif.
Le gros chantier reste la propreté, que la fondation américaine Italian Greyhound Rescue place en tête des motifs d’abandon. Le chiot ne maîtrise sa vessie qu’entre 14 et 16 semaines. Sortez-le au réveil, après chaque repas, jeu ou sieste, et félicitez chaque réussite. Prévoyez deux ans de vigilance.

Entretien et besoins quotidiens
Un brossage hebdomadaire suffit à son pelage. Ses dents, ses ongles et son activité physique demandent, eux, une vraie routine.
Niveau d’entretien
Toilettage et soins
Son poil court ne sent pas le chien et tombe très peu, sans être hypoallergénique pour autant. Ce brossage hebdomadaire au gant doux entretient la beauté de son pelage. Sa routine :
| Soin | Fréquence | Le bon geste |
|---|---|---|
| Poil | Chaque semaine | Gant en caoutchouc souple |
| Dents | Tous les jours | Dentifrice enzymatique pour chien |
| Ongles | Toutes les 1 à 3 semaines | Lime ou ponceuse |
| Oreilles | Chaque semaine | Nettoyage doux |
| Bain | Toutes les 4 à 6 semaines | Shampoing doux, séchage soigneux |
Ses ongles poussent vite. Trop longs, ils modifient sa démarche et favorisent les fractures. Habituez-le dès son plus jeune âge à la lime et à la brosse à dents.
Alimentation adaptée
Son métabolisme rapide brûle vite de l’énergie, mais la prise de poids le guette dès que les rations dérapent. Un Petit Lévrier Italien adulte mange une demi-tasse à trois quarts de tasse de croquettes par jour (environ 50 à 80 g), en deux repas. Choisissez un aliment pour chien de petite taille : ses protéines de haute qualité nourrissent ses muscles de sprinteur.
Le chiot Petit Lévrier Italien a un très petit estomac et un métabolisme rapide. Jusqu’à 6 mois, donnez-lui 3 à 4 repas par jour. Chez le senior, les problèmes dentaires imposent parfois une nourriture plus molle.
À son poids idéal, la pointe des hanches et la dernière côte se devinent légèrement. Plus aucune côte visible ? Il commence à prendre du poids : réduisez la ration.
Exercice physique et mental
Le Petit Lévrier Italien descend d’une lignée de sprinteurs : il pointe à 40 km/h, mais n’a rien d’un marathonien. Comptez environ une heure d’activité physique par jour, en promenades quotidiennes de 15 à 20 minutes et en jeux. Sans ces sprints, il s’ennuie et peut prendre du poids. Le jogging attend la fermeture de ses cartilages de croissance.
Dehors, son fort instinct de chasseur le rend sourd à vos appels dès qu’un chat ou un écureuil passe. Travaillez son rappel, utile en terrain clos ou si la laisse vous échappe, mais ne comptez pas dessus ailleurs : lancé à 40 km/h, il est loin avant de vous avoir entendu. Hors des espaces clos, gardez-le en laisse, avec un harnais anti-fugue, muni d’une sangle supplémentaire derrière les côtes : sa tête fine se dégage trop facilement d’un collier classique.
Les Petits Lévriers Italiens brillent aussi en agility et en lure coursing, une course derrière un leurre qui comble leur instinct de chasseur.

Santé du Petit Lévrier Italien
Bien suivis, les Petits Lévriers Italiens sont des chiens plutôt solides : leur espérance de vie moyenne atteint 12 à 15 ans. Leurs points faibles ? Les problèmes dentaires, les fractures et les yeux.
Prédispositions et points de vigilance
Certaines fragilités viennent de son anatomie, d’autres sont héréditaires.
- Maladies parodontales : sa mâchoire étroite tasse les dents, qui se chevauchent parfois. Le tartre s’accumule, enflamme la gencive puis attaque l’os. Un brossage régulier et un détartrage annuel limitent la casse.
- Fractures : ses os fins cassent facilement lors d’une chute, surtout avant 2 ans, d’où l’intérêt des rampes et des tapis antidérapants.
- Luxation de la rotule : la rotule sort de son logement et le chien boite par intermittence. Exigez le résultat du dépistage des parents, réalisé par un vétérinaire.
- Atrophie progressive de la rétine (APR) : cette maladie héréditaire mène à la cécité. Les reproducteurs passent un examen officiel selon le protocole du Collège européen des ophtalmologistes vétérinaires (ECVO).
- Maladie de von Willebrand : ce trouble de la coagulation fait saigner plus longtemps lors d’une blessure ou d’une opération.
S’y ajoutent l’épilepsie, la cataracte juvénile et le glaucome.
Soins préventifs et hygiène de vie
La routine dentaire est simple : une brosse adaptée et un dentifrice enzymatique pour chien chaque jour, puis un détartrage par an. Sans ce brossage régulier, tartre et maladies parodontales s’installent vite. Côté soins vétérinaires, une visite annuelle couvre vaccins et bilan (dents, yeux, rotules). Avant sa première chirurgie, une prise de sang qui dose le facteur Willebrand écarte la maladie de von Willebrand.
Pesez-le chaque mois pour le garder à son poids idéal : la prise de poids aggrave une éventuelle luxation de la rotule.
Adopter un Petit Lévrier Italien
Accueillir un tel animal de compagnie se prépare. Cette race ancienne reste rare en France : adopter un Petit Lévrier Italien demande de la patience.
Où trouver un Petit Lévrier Italien ?
Avec 510 inscriptions au LOF en 2025, c’est la deuxième race de lévriers en France, loin derrière le Whippet. L’annuaire de la Société centrale canine (SCC) recense 67 élevages, surtout en Occitanie, dans le Grand Est et en Nouvelle-Aquitaine. En moyenne, chacun produit une ou deux petites portées par an : attendez-vous à une liste d’attente.
Pour trouver le vôtre, consultez la liste des portées du Club français du Petit Lévrier Italien (CFPLI), l’annuaire de chiens-de-france.com ou les expositions du club. Un bon éleveur fait naître ses chiots dans la maison, les socialise tôt et montre les dépistages des parents (yeux, rotules).
La race est très peu abandonnée en France, et aucune association française ne se consacre uniquement à elle. Lévriers sans frontières propose ponctuellement des adultes rescapés d’élevages espagnols. Adopter un Petit Lévrier Italien adulte, c’est passer le cap des fractures du jeune âge.
Est-ce la race qu’il vous faut ?
Le Petit Lévrier Italien est un compagnon tendre et plein d’humour, mais exigeant. Voici un petit test pour vous aider à décider :
- Il ne reste jamais seul plus de 4 heures d’affilée.
- Vous cherchez un chien adapté à la vie en appartement, qui dort contre vous.
- Vous disposez d’environ 1 heure par jour pour ses promenades quotidiennes et ses jeux.
- Vous acceptez de brosser ses dents chaque jour.
- Vous croyez à l’éducation douce et acceptez deux ans d’efforts pour la propreté.
- Vous avez un bébé ou de jeunes enfants turbulents.
- Vous rêvez de balades sans laisse : son fort instinct de chasseur l’emporte tôt ou tard.
- Vous cherchez un chien de garde ou un partenaire de footing.
- Votre budget ne couvre pas 60 à 120 € d’entretien par mois.
Prix et budget du Petit Lévrier Italien
Comptez 1 300 à 2 200 € pour un chiot Petit Lévrier Italien inscrit au LOF, voire 3 000 € pour des lignées de champions. Le prix dépend du pedigree et des tests de santé des parents. Il comprend en général primo-vaccination, puce, passeport, vermifuges et kit d’accueil.
Ajoutez croquettes, antiparasitaires, hygiène dentaire, vêtements et, idéalement, une mutuelle. Le détartrage annuel coûte 100 à 300 €. L’adoption d’un adulte via Lévriers sans frontières revient à environ 420 €.
Budget à prévoir
Sur une espérance de vie moyenne de 12 à 15 ans, l’entretien et les soins vétérinaires coûtent bien plus que le chiot lui-même.








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